Et maintenant… place à l’autoproduction

Aller vers le soleil pour un prosumer, c’est augmenter son autoproduction, la portion de sa consommation électrique assurée par sa propre production. L’autoconsommation y trouve sa place, mais l’autoproduction permet de réconcilier intérêt individuel et collectif…

Ou comment mettre le prosumer au centre du marché de l’électricité.

Autoproduction ? « Autoconsommation, vous voulez dire ! », me rétorquerez-vous. Et bien non, je persiste et signe : autoPRODUCTION. Je vous rassure, nous parlons de la même chose : de la consommation de l’énergie photovoltaïque sur son lieu de production. Alors, chou vert et vert chou ?

Autoproduction ou Autoconsommation ? … c’est une question de point de vue.

Si je me place du côté du prosumer, ce qui m’importe, c’est que l'électricité que je consomme provienne le plus possible de mon installation photovoltaïque.

Pourquoi ? A Bruxelles, le gain financier sera assuré dès janvier 2018, avec la fin de la compensation. Le sujet est à l’étude en Wallonie aussi. Au-delà de ces considérations pécuniaires, le fait de consommer l’électricité produite en direct par l’installation garantit une énergie plus verte que verte et diminue les pertes du réseau électrique.

Pour l’autoproduction, la question est donc : d’où vient l’électricité que je consomme ?

Si je me place du côté du réseau électrique, ce qui importe, c’est de prévoir si la production sera suffisante, d’où qu’elle vienne, pour assurer la consommation.

Les réseaux étant dimensionnés en capacité décroissante vers la basse tension, le souci spécifique « photovoltaïque » est d’éviter que le réseau ne soit inondé par la puissance solaire en plein midi (congestion, surtensions).

On souhaite donc qu’un maximum de la production photovoltaïque décentralisée puisse être, simultanément, consommée sur place.

Pour l’autoconsommation, la question est donc : où va l’électricité photovoltaïque produite ?


Graphiques : deux points de vue pour un même profil prosumer.

Un même public, deux discours différents

Le point commun entre autoproduction et autoconsommation, c’est vous, le prosumer. Dans les deux cas, l’acteur concerné est celui qui vit sous les capteurs photovoltaïques. Testons-donc les deux façons de voir les choses.

Si je vous parle d’autoconsommation, je vous impose le  souci de savoir où va l’électricité que vous produisez. Il s’agit évidemment d’une question hors de propos pour un non professionnel de l’énergie. Ce n’est pas votre mission, et vous n’avez pas les moyens techniques pour y répondre.

Si je vous parle d’autoconsommation, je vous demande de vous assurer que votre production soit consommée au maximum sur place.  Cela revient à sanctionner l’injection d’électricité sur le réseau. La réaction naturelle sera la consommation sur place à tout prix, voire même (et surtout) inutile. Une autre réaction naturelle serait le sous dimensionnement important des futures installations photovoltaïques.

Dans les deux cas, ces réactions sont un non-sens au regard des surcoûts de production que cela engendrerait, de l’incapacité à atteindre des objectifs renouvelables raisonnables et des nécessaires économies d’énergies.

A l’inverse, si je parle d’autoproduction, je vous incite à savoir d’où vient l’électricité que vous consommez. Pour garantir la réponse à cette question, vous devez déplacer vos consommations en journée (déplacement de charge) et diminuer les consommations nocturnes des charges non déplaçables (efficacité énergétique).

Stimuler l’autoproduction, c’est s’assurer que la consommation soit couverte au maximum par l’énergie solaire produite localement. Cela revient à promouvoir :

-          les comportements intelligents (consommer quand l’énergie est disponible, gestion active de la demande),

-          les économies d’énergie en dehors des périodes d’ensoleillement (nuit, hiver, journée maussade),

-          l’intérêt d’appareils dits « smart » via leur meilleure compréhension,

Cette approche permet également de reculer les besoins de stockage, lesquels renchérissent systématiquement le prix global de l’énergie pour tout le monde.

Autoproduction, autoconsommation, même combat ? 

Oui, on travaille pour la même chose : l’objectif est que, d’un point de vue global (pour le réseau donc), l’autoconsommation soit augmentée, mais uniquement via la promotion de l’autoproduction auprès des prosumers, qui sont les seuls acteurs décentralisés de la gestion de la production locale.

Par cette démarche, nous pouvons bénéficier d’un déplacement de charge, d’économies d’énergie, d’un plus grand taux de pénétration du solaire dans nos réseaux à moindres coûts, et d’une maîtrise des pertes en ligne.

In fine, l’autoproduction s’adresse à l’intérêt individuel, pour que la globalité des comportements d’autoproducteur rejoigne l’intérêt collectif de l’autoconsommation. Alors, prêts pour l’autoproduction ?

Benjamin Wilkin


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